Concours de Fanfictions #1 : Résultats

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Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Dark Malak le Ven 19 Juil 2013 - 2:42


Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais nous avions lancé un concours de Fanfictions le 1er avril de cette même année... Aujourd’hui, après deux mois d’ouverture, quatre participations et plus d’un mois de votes, je viens vous annoncer le résultat final. Sachez au passage qu’il manque le vote de Sami, qui n’est pas venu participer aux délibérations. Je vais donc vous laisser découvrir ci-dessous les résultats ainsi qu’un petit texte dévoilant l’avis général du jury...


Thème : "C'est lorsque l'on a tout perdu, qu'on est libre de tout avoir."
Membres du Jury : 4
Nombre total de créations : 4


4e place : Jeje  (4 voix)
Quatrième place:
11 Février 2525 - Harvest...

Seul, dans la rue, du haut de mes 13 ans, sale, sombre, les larmes aux yeux, et mes yeux qui brillent, face à l'incendie de mon immeuble.
J'attends des heures devant, je regarde fixement la porte en espérant les voir sortir, une heure, puis deux, puis trois.
Le soleil est déjà tombé, les pompiers ne sont même pas là. Et même si j'entends le combat et le retentissement des armes tirer, je ne bouge pas.
Ma conscience m'obligerait à partir me réfugier, mais mon coeur me dit de rester, l'espoir, c'est tout ce qui me reste pour l'instant.
La nuit est là, les flammes écarlates se marient avec les cris des personnes massacrés. Même la grande porte a disparu sous la chaleur des flammes.
Épuisé, je m'écroule par terre.

J'ai faim, soif, mon bras brûlé réclame un traitement, mais rien ne me fera bouger tant que je ne les verras pas sortir.
Mais que font-ils, pourquoi ne sortent-ils pas, je m'exclame intérieurement.

Bientôt, même les flammes disparaitrons, laissant face à moi un bâtiment délabré, noir de cendres, dont le corps de ceux que j'attends sera carbonisé.
Au bout de presque une journée, sous le ciel rouge, chaud, à l'ombre d'un gigantesque vaisseau, je me décide à partir.
Je ne les verrais plus. Je me lève et je marche maladroitement, boitant, avec plus qu'une main pour me maintenir en équilibre sur les rebords de fenêtres.
Je m'imagine leurs visages dans le bâtiment face aux flammes menaçantes, ils criaient mon nom, celui de mon frère aussi, mort devant moi, succombé aux brulures, me demandant de survivre.
Oui je survivrais, je veux, et je dois survivre, c'est mon devoir, c'est la dernière chose qu'ils voudraient.
Mais j'ai tout perdu, ma raison de vivre, je l'ai perdu, je ne me sens pas de vivre sans eux.

Les cris se font encore entendre, les tirs aussi, j'entends des pleures d'enfants, de mères, de pères, mais moi, je me retiens.
Au bout d'un jour de marche, crevant la faim, priant de l'eau pour combler ma soif, priant le dieu des dieux de me soigner ce bras qui me fait souffrir.
Au bout d'un jour de marche, je m'effondre.

Je rêve de mes parents, aujourd'hui morts, je rêve de mon père qui rigole avec moi, de ma mère m'offrant son amour en m'embrassant, de mon frère, avec qui je joue
tout le temps. J'entends dans ce rêve étrange leurs rires se transformant en pleurent, criant, comme dans mes pensées, mon nom et celui de mon frère.
Et puis ils me regardent, ils me supplient de survivre. Et je les vois mourir derrière les flammes menaçantes.

Je me réveille d'un coup. Dans un grand gymnase, mon bras vulgairement soigné, vaguement lavé, avec encore les traces éternelles de cet incendie tuant mes parents.
Tuant les personnes qui me sont les plus chères.

Il fait nuit, nous sommes au moins deux cents dans ce gymnase.
Il y a des gardes de partout, armés jusqu'aux dents. Si jamais les créateurs de ce désastre arrivaient ici et détruisaient ce bâtiment, ils feraient un vrai massacre. Je décide alors de partir en essayant de ne pas marcher sur d'autres personnes.
A la fin, j'arrive vers la porte de derrière, mais évidemment, elle est fermée à clé. Quand tout à coup, une vieille dame m'appelle, je me retourne et elle me chuchote,
-Tu trouveras les clés vers le bureau du garde, il y a toujours des doubles, et là-bas, plus personne n'y est allé.
Je m'exécute, et comme elle venait de le dire, je vois des trousseaux de clés.
J'en prends deux avec moi et je me précipite vers la porte.
Après deux minutes vaines, et un trousseau inutile, je parvient à l'ouvrir, je me sens créer un sourire victorieux.
-Tu as bien raison de partir jeune homme, rester ici est du suicide, les aliens reviendront. Me dit la vieille dame.
-Venez avec moi! Je lui dis
-Oh, crois tu vraiment que je pourrais marcher aussi vite, courir s'il le faut? J'ai 85 ans et je me promène en chaise roulante.
Mon destin est tout tracé, mon heure est arrivé...
Les paroles de cette femme me brisent le coeur, et son courage me donne encore de l'espoir.
-Comment vous appelez vous? Je demande.
-Ardem, je m'appelle Ardem Kalidjyan. Et toi, jeune homme?
-Jimmy. Ardem, je ne vous oublierais pas. Je vous le promet...

Je sort du Gymnase. Le ciel et noir, mais avec des semblants de couleur rouge sang. Je vois aussi au loin un immense vaisseau de presque 5 kilomètres de long...
Je marche longtemps dans les rues noirs au sol ensanglanté.
Après avoir marché trente minutes, je vois un petit vaisseau alien passer au dessus de moi.
Je me retourne pour voir où il se dirige. Et là, mon coeur bat à mille à l'heure. Je cours par derrière la rue pour voir si ils s'en sortiront. Le petit vaisseau n'a pas l'air menaçant, mais là,
deux chasseurs arrivent de plus loin. Impuissant, je regarde les larmes aux yeux, en chuchotant "Non, non c'est impossible, ne faites pas ça...".
Le visage de la vieille femme revient, et quand je me décide de courir pour aller la sauver, dans un brain de follie, il est trop tard, le gymnase se met d'un coup à exploser.
Le bruit semblerait même emporté avec lui les cris des familles.
Je me met à genou en m'effondrant. Les larmes se suivent les unes après les autres....
Il faut que... Il faut que je me relève.
Et ainsi, encore une fois, je me relève et je m'en vais.

En marchant vers un endroit qui m'est encore inconnu, je trébuche sur une arme. Un pistolet militaire, marqué dessus "M6A".
Je le ramasse, il est léger. J'espère qu'il ne me servira jamais...

Au bout de quelques jours de marche, j'arrive en haut d'une colline, et j'aperçoit dans la vallée toute la ville.
Une ville perdu, en flamme, noir, des tirs se font encore entendre.
Je suis à une vingtaine de kilomètres de la ville, et je vois encore le vaisseau gigantesque. Mais cette fois ci, il bouge, et prend de la hauteur.
Je le regarde faire, anxieux.
Et, au bout de deux ou trois minutes, le vaisseau arrête de prendre de l'altitude.
D'un coup, un laser étrange sort du milieu du vaisseau, un laser fin, d'une couleur mauve.
Et, là, en une fraction de seconde, le laser fin grossit et s'abat sur la ville créant une immense explosion.
Même un vent violent s'abat sur moi me faisant reculer d'une dizaine de mètres.

Cinq minutes après, je retourne vers le sommet de la colline, et là, on dirait que la ville a disparu, il ne reste plus qu'un champ de ruine noir.
L'horreur est inexplicable. Je m'assois un moment, et je regarde le vaisseau partir vers d'autres villes à détruire.
Vengeance, c'est ce mot qui m'arrive en premier. Vengeance...


6 Janvier 2531 - Harvest

J'étais là, du haut de mes 19 ans, devant cette immense base de l'UNSC, avec mon 'tog refait. J'avais mis deux mitrailleuses devant. Je peux les actionner automatiquement avec
des commandes prises sur des véhicules détruits.
Et sinon, l'arrière était ma planque d'armes, là où je dors, quand je dors (1 à 2 fois maxi par mois).
Et j'avais recouvert le tout avec un blindage mal fait, capable de résister à suffisamment de tires pour que je parte d'une position.
6 ans. 6 longues années que je rôde dans les villes d'Harvest, à la recherche de.... De quoi? Je ne sais jamais ce que je cherche au fond.
J'étais comme les gars dans ces vieux films, qui racontent les débuts d'une ville terrienne. Les états-Unis. Des films qui sont dans ma famille depuis des lustres, avec une qualité immonde.
Le plus vieux remonte à... 2005 je crois, il y a plus de 500 ans! Et pourtant, j'adorais ces vieux films, le vieux "cowboy", solitaire, sur son cheval, dans le désert.
Un peut comme moi, dans mon Warthog, dans un désert de ruines. Solitaire comme jamais.
Cette base isolé de l'UNSC, était à moitié en ruine, pourtant, l'électricité marchait encore, et des commandants restaient là.
L'UNSC. Même si ils sont humains, je ne les aimes pas. Ils m'ont interdits quelque fois, d'aller à certains endroits pour que je dorme dans les saisons hivernales.
Ils m'ont déjà pris une mangouste que j'avais alors trouvé. "Ce qui est à l'UNSC doit rester à l'UNSC" ... Une mangouste à moitié détruite.
Enfin bref.

Maintenant, je me tenais là, devant ce bâtiment. En fouillant dans ma poche, je trouve quelques centimes, et une vieille photo de moi, mes parents et mon frère.
C'était deux semaines avant l'incendie, et l'attaque de la ville.
Une larme coule.
"Allez Jimmy, reprend toi, c'est pas le moment"...
Je range la photo, prend mon M6G (trouvé par terre, à côté d'un corp).
J'escalade un mur en ruine, et je me retrouve dans la coure.

Après une heure de recherche, je trouve enfin la planque d'armes. Je prends alors un sac, et je met des grenades, des fusils de combat.
Enfin des armes de qualité. Ça me changera des vieilles carabines et fusils anciens des postes de polices des vieux villages par lesquels je passe.
Une fois sortit, je rentre dans mon tog' et je mets mes armes dans mon coffre (qui me sert aussi de lit, un vieux matelas, usé par l'humidité et la vieillesse.)
Et je pars.

Après quelques heures de routes, je me trouve sur une route défoncé, qui mène à une grande ville.
Et là, je repense au vieux films. C'est moi, le "cowboy" dans son tog refait, face au soleil couchant, face à l'immensité d'une planète, qui s'ouvre à moi, une liberté hostile.
Mais bon, c'est ma vie, et que puis-je faire d'autres.
M'inscrire dans l'UNSC, devenir un vulgaire soldat, qui se fera buter au premier combat, servant de chère à canon?
Non, maintenant que j'ai tout perdus, que je n'ai plus rien, je pense pouvoir être libre de tout avoir, et la plus grande puissance des Hommes, c'est la liberté.
Il ne faut pas voir cette quatrième place comme un échec, mais plus comme un encouragement pour continuer de progresser. Car malgré l’histoire sympathique et quelques événements intéressants, il y a des choses qui ne vont pas, ou qui pourraient être améliorées... Par exemple concernant les nombreux clichés qui sont présents tout au long de l’histoire ou la comparaison avec le cow-boy qui aurait pu être approfondie. Comme dit, il y a des idées, mais l’histoire reste trop floue, et la reprise du thème se fait plutôt discrète. N’hésite pas à nous contacter si tu veux plus de renseignements concernant ce que nous avons pensé de ta participation !


3e place : sephiroth2501  (10 voix)
Troisième place:

Songes et Vérités de Margaret Parangoski

"Perdre, c'est connaître le vide"
Gilbert Dupuis, La marcheuse.




20 Octobre 2552 / Système Solaire, Terre, Sydney,
Centre Bravo-6 du Haut Commandement de l’UNSC.


Je ne suis pas prête d’oublier ce jour, celui où les Covenants ont franchi les défenses de la Terre et ont envahi le berceau de l’Humanité. Je ne suis pas prête d’oublier ce frisson glacial qui vient de parcourir mon échine tandis que les stations de défense orbitale Malte et Athènes s’enflamment et se brisent, fétus de paille métalliques et brisés flottant de manière erratique dans l’espace meurtri. Je ne suis pas prête d’oublier les regards vides et apeurés des membres de l’UNSC et de l’ONI qui se trouvent en ce moment-même avec moi dans la salle de crise, au fond de la Ruche.

Les forces Covenants se dirigent actuellement vers l’Afrique de l’Est pour une raison qui nous est encore inconnue. Un mystère qui, je pense, sera bientôt résolu au vue de la rapidité de l’attaque. Un attaque qui possède un arrière-goût de déjà-vu avec celle de Reach : inattendue, véloce et efficace. Dans ce domaine, les Covenants ne m’ont jamais déçue. Je ressens même de l’admiration pour eux. Un paradoxe émotionnel vous en conviendrez, au vue du génocide qu’ils sont en train de commettre. Malgré tout, un détail qui a son importance pique rapidement ma curiosité.


La taille de leur flotte est bien moindre comparée à celle qui a causé la chute de Reach. Pourquoi ? Les Covenants ont-ils une stratégie particulière pour la Terre ? Faut-il s’attendre à une attaque spécifique ? Jusque-là, elle possède toutes les caractéristiques d’une attaque conventionnelle, et les Covenants ne se sont jamais montrés très créatifs en matière de stratégie militaire. Leur supériorité technologique suffit à leur assurer la victoire dans quatre-vingt dix-neuf pour cent des affrontements. Quelque chose ne colle pas… et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Tant pis, je garde cette pensée et la range dans un coin de ma tête avec les autres, celles qui nécessitent davantage de données avant résolution complète.


Dans la continuité, une seconde pensée s’impose à moi : la Terre allait assurément tomber. Quelles que soient nos méthodes, nous avons déjà perdu un nombre incalculable de planètes, alors pourquoi en serait-il différent pour la Terre ? Malgré sa défense spectaculaire, Reach n’avait tenu qu’une seule journée. Sur ce coup, la surprise avait été l’atout majeur des Covenants. Et voilà qu’ils récidivaient. Oui, la Terre tomberait, nous ne pouvons rien y faire… je ne peux rien y faire. Et y consentir paraît consumer les forces qui me restent.


Telle une révélation, cette idée s’empare de chacun des membres présents dans la salle de crise. Et bien que, au vue de leurs regards implorants, la plupart d’entre eux se reposent sur moi pour trouver la solution miracle, ils semblent accepter cette fatalité avec suffisamment de sérénité pour ne pas devenir fou. Et pourtant, il y a de quoi. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut assister, impuissant, à l’extinction de sa propre race.


Les minutes défilent, longues et douloureuses, des relents de panique envahissent peu à peu la pièce, une lente contamination irréversible et dangereuse, et qui est même à deux doigts de m’atteindre. Mais il m’est interdit de flancher. Et malgré mes efforts pour redonner force et courage à ces hauts membres, pour les empêcher d’être contaminés, je sens que je les perds peu à peu. Ils sont terrifiés car leur monde est terrifiant.





La vie des gens est terrifiante. On les prend à la gorge, on les oblige à travailler du matin jusqu’au soir, on leur inflige des besoins dont ils ne sont pas nécessiteux, on les abrutit de télévision et de consommation, on les égare entre deux canapés et trois cafetières. On leur interdit de rêver, de traîner, de perdre leur temps. On les use à la tâche jusqu’à la moelle.


Une véritable autodestruction assurée et consentie.


Mais aujourd’hui, la cause en est toute autre. La guerre contre les Covenants a engendré un génocide qui touchera bientôt à sa fin, et plus personne ne sera présent pour voir le rideau se baisser. C’est l’apogée de la destruction et du chaos, décuplant et finalisant cette autodestruction dans laquelle l’Humanité se complaît depuis trop longtemps. Peut-être l’Humanité mérite-t-elle son sort, peut-être mérite-t-elle de ne pas survivre.


Les gens ne vivent plus, ils s’usent à petit feu dans la douleur, la déception, les idées noires, toutes ces choses qui nous assombrissent et nous font perdre nos valeurs et notre dignité.


Alors ils doivent trouver un exécutoire dans lequel extraire un peu de réconfort, voire même trouver un sens à leur vie.


Certains se complaisent dans l’amour. Trouver quelqu’un qu’on puisse aimer, qui ne nous trahira pas, quelqu’un qui apprécie les choses selon notre goût, qui ne dit aucun mal de nous et qui prend soin de nous, qui nous pardonne nos défauts et jamais ne nous ennuie. Ces gens-là cherchent en vain un fantôme. Ils devraient cesser de perdre leurs efforts. Qu’ils n’aient d’amour que pour eux-mêmes, jamais ils ne trouveront plus aimable.


D’autres se réfugient dans l’harmonie et l’exactitude de la science. Mais qu’est-ce que la science ? George Sand y voyait une route partant du connu pour se perdre dans l’inconnu. Les efforts des savants ont ouvert cette route, ils en ont rendu les abords faciles, les aspérités praticables. Ils ne pouvaient rien faire de plus, ils n’ont rien fait de plus. Ils n’ont pas dégagé l’inconnu, ce terme insaisissable qui semble reculer à mesure que l’explorateur avance, ce terme qui est le grand mystère, la source de la vie. Une source que personne n’atteindra jamais, soyez-en sûr. L’atteindre, ce serait connaître tous les secrets de l’Univers, se serait voir l’Homme à l’égal de Dieu. Mais il n’en a pas l’étoffe et encore moins la sagesse. Une autre autodestruction assurée.


Ils leur reste alors la religion, la croyance et la foi. Si certains puisent leur force dans une puissance supérieure salvatrice, alors qu’ils continuent de prier pour l’Humanité, elle en a grandement besoin. Il est beau de rêver, mais nous devons perdre nos illusions au plus vite, elles nous empêchent de voir la vie telle qu’elle est et nous conduisent immanquablement à l’échec. Personnellement, je préfère agir que de m’agenouiller devant un concept impossible et invisible.


D’autres encore trouvent leur réconfort ou le sens de leur vie dans la guerre, dans le courage et l’engagement qu’elle demande et engendre, tels les Spartiates de l’antique Grèce aux Thermopyles. Un sacrifice patriotique qui ne mène qu’à la mort et au vide. Ça tombe bien, la guerre contre les Covenants est une offre qui nécessite encore de la demande. Malheureusement, plus pour très longtemps, je le crains.


Quant aux autres, ceux qui ne trouvent ni réconfort ni sens à leur vie, ils finissent par perdre leur humanité. Ils deviennent les déchets du monde moderne, un potentiel gâché qu’on ne saura jamais exploiter parce que notre société est un complexe mécanisme dont un des rouages est ripé, un rouage qu’il nous est impossible de réparer dorénavant. Une masse critique qui erre sans but, inutilisable, qui gangrène une société sur le déclin, qui la paralyse et l’empêche de progresser, de se relever. Si nous perdons la guerre, et nous la perdrons je vous l’assure, ce ne sera pas entièrement du fait des Covenants.


Alors, parmi ces gens inexploitables, quelques uns se mettent à boire. Boire pour oublier. Une excuse totalement factice, en réalité. Ils boivent pour se souvenir de tout ce qu’ils ont perdu. Ils boivent pour prendre conscience de tout ce qu’ils vont perdre.


D’autres ont même le courage de mettre fin à leurs jours car ils comprennent la mesure et la démesure de perdre absolument tout. Pour eux, toute chose devient un concept vide de sens et pour lequel aucune attention ne mérite d’être prêtée, pour lequel aucun combat ne mérite d’être mené.





Tout ceci me fait prendre conscience d’une chose : il y a plus triste à perdre que la vie, c’est la raison de vivre. Il y a plus triste que de perdre ses biens, c’est de perdre son espérance. Et finalement, qu’ils aient trouvé leur réconfort, le sens de leur vie ou non, les gens n’ont plus rien à perdre et c’est en cela qu’ils deviennent dangereux. La crainte de perdre engendre les mêmes passions que celle d’acquérir, car les hommes ne tiennent pour assuré ce qu’ils possèdent que s’ils y ajoutent encore, aimait à le penser Machiavel. Autrement dit, c’est lorsqu’on a tout perdu qu’on est libre de tout espérer, de tout avoir.


L’Humanité est sur le point de perdre son berceau, la source de son essence, son point zéro, son alpha. Nul doute que les derniers hommes encore debout lors de son oméga seront prêts à tout. Il me faut donc faire un choix : les laisser faire ou bien les brider ?


Pour chaque choix, il existe deux façons distincts d’envisager ses conséquences.


La première consiste à décider quel est le bon choix à faire, celui qui nous conduit là où l’on veut aller et qui nous donne la possibilité de se sentir «gagnant».


La deuxième consiste à décider quel est le meilleur choix à faire. Et que quelque soit le choix que l’on fera, on y gagnera nécessairement quelque chose. Il n’y a ni bon ni mauvais choix, mais seulement une décision à prendre pour suivre une des possibilités qui s’offre à nous.


La deuxième façon est la plus payante évidemment : elle ne nous laisse rien à perdre, mais tout à gagner.


Savoir que l’on n’a plus rien à perdre nous assure d’une force d’action et de décision décuplée, soyez-en sûr. Nous devenons moins sensibles aux circonstances et aux arguments qui semblent nous être contraires. De toute façon, nous ne maîtrisons jamais entièrement les évènements, même si nous nous berçons constamment de cette illusion. De fait, les choix que nous faisons, nous ne les décidons jamais en connaissance totale de tous les éléments, une large partie de la réalité à venir nous est à jamais inaccessible. Et c’est en cela qu’un choix tel que celui que je dois prendre atteint une difficulté considérable. Mon choix n’influencera pas seulement mon destin et celui de quelques hommes, mais celui de l’Humanité toute entière. A la réflexion, ce choix possède un caractère presque divin. Dans ces conditions, suis-je véritablement la bonne personne ? Comment en être sûre ? Moi, au cœur de l’autodestruction dont je parlais à l’instant.


Face à une telle décision, nous devons considérer que nos choix sont porteurs d’enseignements, afin de nous libérer de l’angoisse de l’erreur de jugement, de surmonter la folie des conséquences possibles. Finalement, cela engendre une conviction, celle que nous ne faisons jamais d’erreur, que nous choisissons seulement une possibilité parmi plusieurs. Ainsi, nous n’avons plus rien a perdre, mais uniquement à rester vigilant face aux opportunités qui se présentent à nous.


De fait, dans le choix qu’il me faut prendre, l’opportunité à saisir se doit d’être tangible et réalisable.


Andréa Japp affirme que l’esprit humain ne fonctionne pas comme un ordinateur que l’on branche. Il est infiniment plus puissant. Il picore, saute d’une idée à l’autre. Il revient en arrière, puis fait un bond vers le futur. Il s’égare, puis retrouve son chemin. Il semble perdre son temps, il rêve. Il fait et défait. Au bout du compte, il débusque une idée de génie.


Oui, il me viendrait bien une idée…
Même si le Jury est resté partagé concernant les nombreuses références ainsi que la dimension philosophique de ce texte, il a vraiment apprécié le style et la qualité de l’écrit. Cependant, il a fallu faire des choix, et certains votants ont trouvé que l’analyse partait un peu loin, qu’elle était trop poussée ! Cette participation reste quand même impressionnante tant les connaissances personnelles sont précises et la vision du thème originale. Félicitations !


2e place : Stain  (11 voix)
Deuxième place:
Division d'Infanterie d'Opérations Nocturnes du CSNU (D.I.O.N). Cette section à subit un entraînement spécial et rigoureux, acclimatant les marines sélectionnés aux interventions par temps couvert et pendant la nuit. Cette section méconnue est pourtant à l'origine de nombreuses opérations décisives pour la survie de l'Humanité pendant la guerre Humains contre Covenants. Leur furtivité et leur maîtrise d'eux-mêmes feraient rougir les Snipers les plus réputés. Mais Alexander Deichmann n'est pas aussi stable psychologiquement que ses semblables.

Année 2552.

Sa présence parmi les siens était indispensable. Formant un demi-cercle autour du cadavre, au milieu du séjour de l'appartement désordonné, tous regardaient le visage de la malheureuse victime avec leur yeux craintifs et désolés. Des éclairs au loin lézardaient le ciel grisâtre et déchiraient le calme de la situation. Certains s'observaient mutuellement puis esquissaient un sourire sans joie au coin de la bouche avant de reposer leur regard sur le corps. D'autres ne pouvaient s'empêcher de détourner le regard tant l’atmosphère autour d'eux était oppressante. D'autres encore plaquaient délicatement leur poing contre leur protection ventrale en signe de respect. Repose en paix insinuaient-t-il. Tous gardaient le silence face à ce que chacun d'entre eux avait pris l'engagement d'affronter jusqu'au bout : la mort. Mais Alexander était bien plus concerné par cette fin tragique que tous le reste de sa division. Certes, peut-être un ou deux de ses compagnons avaient subis le même choc durant leurs opérations. Ils avaient retenu leur tristesse aussi longtemps qu'ils l'avaient pu, mais avaient finalement craqués au beau milieu d'une marche nocturne, dans la pénombre de leur lampes. Cette nuit, c'était son tour de perdre la chose la plus précieuse qu'il n'ait jamais eu : sa femme.

Essoufflé et tremblant, il tenta de garder ses yeux écarquillés et humidifiés de larmes chaudes sur son épouse. Il resta d'interminables secondes planté au milieu du demi-cercle, observant la situation et démêlant la réalité du cauchemar. Il s'agenouilla brutalement dans la flaque de sang coagulé longeant les côtés de son épouse, pour lui saisir délicatement la joue déjà raide et fraiche à cause du post mortem. Sa combinaison gris foncé était maculée de sang. Puis finalement, accompagné d'un souffle de terreur, il se leva en se retournant d'un pas vif et s'éloigna de la troupe l'observant, navrée. Il hurla sa colère et son désespoir à la lune, aux étoiles, aux mondes qui riaient de son malheur à travers ce qui restait des vitres renforcées. Serrant les poings si fort qu'il imprima ses ongles dans la chair de ses paumes, parcourut de sueur froide et de rage, ses yeux émeraudes se cachaient derrière ses paupières. De nombreux spasmes parcouraient son corps immobile de long en large, l'obligeant à se tenir les côtes pour retenir son envie de s'évanouir de chagrin et de fatigue. La pluie trempait ses habits et le tonnerre masquait partiellement les pleures du marine. Sous la lumière tamisée qu'apportait le croissant de lune couvert par les nuages menaçants et la pluie épaisse, la scène prenait une tournure de torture psychologique pour l'escouade. Les cris hargneux et douloureux s'échappant de Deichmann leur glaçaient le sang, sentant leur os vibrer aux sons des plaintes du soldat. Pourtant pas un seul ne consentit à verser une larme pour la défunte ou le veuf. Le silence est de mise dans de pareilles situations, et des gémissements ou des reniflements n'apporteraient rien, juste une tâche de trouble sur le sanctuaire sacré créé malgré eux autour du cadavre, aussi silencieux soient-ils. Et puis, le sentiment de désespoir a était « lavé » par leur entraînement psychologique intense, comme tous les autres sentiments.

Alexander avait déjà perdu un autre être cher, son seul enfant. De son avis, il en avait en fait perdu trois. Sa femme Cathy – il ne connut qu'elle – fit deux fausse-couches. Les fœtus qu'ils considéraient comme ses deux premiers enfants n'ont pas survécu. Il avait pris un sacré coup au moral lors de leur perte. Il restait de longues heures assis sur le bord de son lit, la tête entre ses mains et ruminant ses malheur, se demandant si sa femme – qu'il aimait de tous son cœur – pourrait un jour mettre au monde sa progéniture. Il est très important pour un soldat de pouvoir compter sur une vie, car il met en jeu la sienne.
Quand Tanya, son premier et unique enfant, est née au bout du 9ème mois, son visage reprit des couleurs. Sa femme revit enfant un sourire affirmé sur ses lèvres. Mais d'un autre côté, l'éducation de sa fille était très difficile : ses horaires de travail dans l'armée étant peu ordinaires et les manœuvres militaires auxquelles il participaient étant loin de son lieu d'habitation, ses absences de longue durée n'étaient pas profitable au maintien du couple et à l'éducation de sa fille. Lorsqu'un terrible accident se profila dans sa vie, il bascula dans la dépression.
Deux ans après la naissance de Tanya, en rentrant chez lui par une belle matinée d'été, Cathy était assise dans le seul fauteuil monoplace de l'appartement dans lequel il vivait depuis trois ans. Il se souvenait parfaitement de cette journée. La première chose qui le frappa fût l'absence de bruits parasites. Pas de bruits de pas autour d'eux, pas de trafic routier aux bas de l'immeuble, juste le silence de mort qui régnait dans la pièce. Les stores étaient baissés et la lampe en mode « liseuse ». Le regard vide de sa femme se déplaça sur lui, l'observant de la tête au pied. Une pression volatile et invisible se posa sur ses épaules et le fit se sentir mal à l'aise. Il avala sa salive, prêt à écouter les paroles de sa femme. Des larmes avaient séché sur ses joues et du mascara noir coulait comme de l'encre sur un buvard. Alexander ne put piper mot face à ce tableau dérangeant et lugubre, qui n'annonçait rien de gai. Puis il remarqua enfin.
« Où est Tanya ? » lança-t-il, inquiet. Un long silence s'en suivis. Les oiseaux se mirent finalement à chanter, contrastant avec l’atmosphère de la pièce. Cathy se résolu à lui répondre, brisant le silence.
« -J'aurais du ... J'aurais du ne pas la quitter des yeux ... » murmura-t-elle en baissant lentement la tête.
« -Où est-elle ? » répéta Alexander, haussant la voix sur un ton d'angoisse. Un autre silence arriva, puis disparu quelques secondes après. Cathy parlait d'une voix monocorde et moribonde.
« -On allait traverser la rue sur le passage piéton. J'ai détourné le regard cinq secondes le temps de saluer une amie qui passait. Je n'ai pas sentit sa petite main fragile sortir de la mienne.» Elle hoqueta un instant et reprit. « Il était déjà trop tard ... Un camion de livraison ... »
Avant qu'elle n'eut le temps de terminer son rapport, Alexander sentait l'anxiété se transformer en colère et en terreur. Une vague de ténèbres envahit son esprit, troubla sa vision. Ses sens se confondaient, ses jambes vacillaient. Il vivait son premier cauchemar.

Et c'est aujourd'hui, dix ans après cet incident tragique, que sa femme le quittait elle aussi. Le Caporal H. Stain, officier en charge de l'escouade de Deichmann, sélectionna quelques membres pour une mission de repérage dans le secteur de la Nouvelle Alexandrie. On lui avait signalé une troupe de Snipers rapaces postés en haut du bâtiment 34, immeuble où se trouvait leur résidence. Un pincement au cœur affola Deichmann, espérant que l'annonce était erronée. Une boule de stress se forma dans son ventre. Tous le regardèrent et compatirent à son angoisse. Ils étaient de vrai camarades, des semblables.
Après quelques heures d'attente dans la nuit sans lune, protégés de la pluie battante par le bâtiment voisin, la radio de l'opérateur-radio craqua, résonnant dans le salon assombrit par les faibles éclairages et fit sursauter la moitié du groupe. L'opérateur décrocha rapidement, épargnant aux soldats les horribles bruits émis par la radio, exténués par l'attente.
« R.A.S. dans l'immeuble, Caporal. On a malheureusement trouvé beaucoup de cadavres dans les différents niveaux. Des vitres brisées indiquent que certains ont préféré sauter par les fenêtres les plus proches. »
Les soldats s'observaient entre eux, étonnement calmes et sans aucun doute peu surpris par cette annonce. Deichmann se doutait que les survivants seraient minimes, mais pas qu'il n'y aurait AUCUN survivant. Son ventre se contracta encore plus, un goût amer dans la bouche.
« Et, Deichmann ... » Ils levèrent tous la tête vers la radio, Alexander y comprit, sentant que quelque chose n'allait pas dans la voix de l'éclaireur. « Ta femme est allongé sur le sol au 16ème étage. Désolé. »
Il se leva d'un bond, lâcha « TORPEUR » son MA37 personnel, serrant les dents aussi fort que lui permettaient ses muscles et courut à une vitesse qui lui parut supersonique. Les autres se levèrent moins rapidement mais étaient tout aussi alerte à la suite de cette nouvelle. Il traversa la rue sous la pluie glaciale, n'y prêtant même pas attention et pénétra dans son immeuble. Il ne prit pas le temps d'emprunter l’ascenseur, son cœur battait la chamade et ses nerfs surchauffaient. Il monta les seize étages quatre à quatre, le sang bouillonnant dans ses veines et tapant au niveau de ses tempes. Son cerveau ne distinguait même pas les marches illuminés par la lumière de la cage d'escalier, mais son corps si. Arrivé au 16ème étage, il dépassa le pallier de son appartement suivis par le reste de son escouade, se retrouvant face à la dépouille de sa tendre épouse.

Quelques minutes après que ses gémissements aient cessé, Deichmann se retourna lentement vers ses camarades, encore remplis de larmes qui ne coulaient plus. Ses yeux maintenant vert-de-gris manifestaient un désespoir profond, presque lugubre, montrant une vision d'épouvante pour quiconque le regardait à travers les faisceaux des lampe-torches. Son visage habituellement terni par ses dépressions chroniques laissait place à un spectre blanc de peau, de profonds sillons marquant ses joues. Alexander venait de prendre 30 ans en un temps record. Un incroyable vide creusait dans son esprit, une envie de laisser tomber sa carrière au bord de l’accomplissement. Le Caporal de la troupe vint lui tapoter gentiment l’épaule en guise de réconfort, et soupira. H. Stain, l'opérateur-radio, tous le regardaient solennellement, en silence. Ils étaient prêt à faire tous ce qui était en leur pouvoir pour le réconforter et le soutenir dans cette terrible épreuve. Une réelle minute de prières s'en suivis pour l'épouse du soldat Alexander Deichmann de la D.I.O.N.

Alexander Deichmann avait tout perdu. Sa femme, assassinée par les Covenants ; ses enfants, tués par le destin ; ses émotions, détruits par son entraînement ; son humanité, annihilée par la guerre. Il avait même perdu son fidèle « TORPEUR », qui lui avait sauvé la vie plus d'une dizaine de fois. Sa détermination semblait se désintégrer au fur et à mesure que les semaines passaient. L'éclat du jour, qu'il avait abandonné depuis plus de douze ans pour celui de la lune, lui manquait. Ses proches, tout autant.

Pourtant, il avait rencontré des gens formidables à la caserne, doués d'une intelligence remarquable et d'un respect pour autrui inégalé. Il s'était lié d'amitié avec tous les membres de son escouade, ils s'appréciaient réciproquement. Ils étaient devenus sa nouvelle famille, sur laquelle on peut toujours compter. Certains de ses camarades connaissaient sa femme et même sa fille quand il les avait inviter à un apéro chez lui, pendant une permission. En s'engageant dans l'armée et en passant les tests de la D.I.O.N, il jura sur son sang et sa vie qu'il aurait la peau des Covenants et de toutes les espèces qui voudrons railler l'Humanité et ses colonies de la galaxie. La liberté de décider de son avenir lui avait redonné espoir en son cœur. Il voulait que ses services pour la race humaine soit reconnue, et ce fût chose faite quand il descendit son premier grognard. Il venait de redémarrer une vie au moment où son amour perdait la sienne.

En perdant ce qu'il avait, il eût ce qu'il souhaitait.
L’ambiance... Voici ce qui est ressorti presque à chaque fois. Car l’ambiance de ce texte est, comme dans tes autres productions, très bien maîtrisée ! Et c’est ça qui a plu ! Les émotions que tu fais passer dans cette participation ont réussi à conquérir l’un des votants et elles n’ont pas laissé les autres indifférents. La dimension plutôt noire des personnages accentue l’effet dramatique, et ancre parfaitement le texte dans le thème. Un grand bravo pour cet écrit !


Première place : Wobow (14 voix)
Première place:

Nos mondes

« Je rêvais d’être un héros.
Du haut de mes onze ans, je ne cessais de clamer ce rêve absurde à mes parents fatigués et accablés par une guerre naissante qui supprimait tout intérêt de vivre autrement que mort. Ils rentraient de leur travail tard le soir ; l’un exténué par les centaines de lettres de condoléances à envoyer aux familles des victimes, et l’autre meurtri par les séances d’entrainement du corps des marines de l’UNSC.
Mon père allait être un héros, il était donc naturel que mon rêve soi de devenir comme lui. Oui, c’est certainement de là que m’est venue cette obsession, cette ambiguïté existentielle qui m’exacerbait, me poussant à vouloir me mettre au-devant de la scène. Un rêve. Mon rêve. Celui que mon père ne cherchait même pas à atteindre, mais que nous pensions tous le voir faire.
Un honneur auquel il n’a jamais pu accéder.
Deux jours avant son adhésion au sein des soldats hautement réputés de l’UNSC, un raid rebelle a frappé la ville où nous résidions…

Se cacher dans la commode avec ma sœur était sans doute une bonne idée pour survivre. Elle l’était moins pour ne pas voir nos parents se faire sauvagement égorgés par des rebelles sans honneur, ne recherchant que les plaisirs les plus bestiaux, et le rendu financier de leurs quêtes. Bien loin des valeurs qu’ils voulaient véhiculer.

Il est assez amusant de faire une rétrospective sur l’enfant de onze quand que l’on a été, et se rendre compte que du jour au lendemain un enfant peut devenir une coquille vide d’espoir. Un néant à combler. Un être éteint.

Douze ans durant, j’ai échappé aux raids résistants se faisant de plus en plus rare à mesure que la Guerre prenait de l’ampleur. Douze ans durant, je me suis reconstruit, ai solidifié ma sœur fragile et ai appris à la connaitre. J’avais toujours ignoré ma sœur, muette de naissance, la considérant comme un être raté et vide de sens. Pourtant, durant la mort de mes parents, j’ai remarqué grâce à elle à quel point on pouvait faire passer un message à travers un simple regard.
Un regard prouvant que son âme était bien là, quelque part, derrière ce silence de mort.
Ma sœur et moi avons survécu en se soutenant l’un-l ’autre, en volant de la nourriture dans les poubelles de la ville, en guettant une opportunité de se faufiler dans les stocks des grands magasins.
Elle était devenue ma moitié. Un être sans qui je n’aurais jamais pu devenir l’homme que j’ai été à ce jour.
Le jour où enfin, je suis allé me présenter pour devenir soldat, et reprendre le flambeau de mon père. Achever ce qu’il n’a jamais pu terminer. Réaliser mon rêve.
Alors que j’étais rêveur, je devins ambitieux.
Ambitieux, mais guidé par la tristesse de la mort des seuls êtres qui comptaient alors vraiment pour moi. Et la tristesse est un sentiment instable que l’on ne peut maitriser. Un élément qui fragilise le roc que l’on peut devenir. Lorsque l’on refoule le désespoir, une simple étincelle enflamme toute votre âme. Et vous êtes inefficace. J’appartenais au monde de la tristesse et du désespoir.
Voilà pourquoi j’ai été refusé.

Des rêves déchantés, des espoirs anéantis, un honneur abattu. Mais une volonté encore présente, solidifiée par la présence de ma sœur à mes côtés. Me soutenant de ce regard si plein d’émotion qui me faisait frémir et m’apaisait.
Et puis vint ce jour sombre où ses yeux se vidèrent de leur essence, après une ultime tendresse. Elle rayonnait à mes côtés, avec ses petits yeux doux et son souffle régulier. Et l’instant d’après son souffle se fit saccadé et hésitant. Ses yeux écarquillés, brillant d’un bleu plasmique, tentèrent de faire passer un dernier message. Un adieu.

Ma rage fut telle que le corps du Sanghellis responsable de sa mort fut déchiqueté avec la seule force de ma main et d’un couteau émoussé. J’avais perdu ma sœur. Il n’était plus question de tristesse ni de désespoir. Cette phase était maintenant terminée, et j’avais déjà versé toutes les larmes que j’avais pu verser jusqu’alors. Cette fois-ci, la douleur était plus profonde, lancinante. Une explosion de violence. J’étais une machine de destruction massive. Rien ne pouvait plus m’arrêter.

Et pourtant, la rage est encore plus incontrôlable que la tristesse. Et les soldats enragés n’étaient pas dignes de confiance. L’insubordination était la pire des hérésies du soldat. Encore une fois, le refus fut sans appel. J’appartenais au monde de la colère, et la colère n’est qu’un sentiment primitif qui doit être éradiqué.

Eradiqué, tout comme ma planète le fut quelques mois plus tard. Une fois la phase de vitrification engagée, il ne nous restait que quelques jours pour quitter la planète. Les Covenants se fichaient bien de savoir ce que ressentaient les humains. Leurs soldats eux-mêmes se fichaient de leurs propres sentiments. Tous ces êtres, soumis à un discours. Soumis par leurs propres croyances. Mettant en arrière tout sentiment. Tout ressentiment. Ils n’étaient que machines de guerre incapables de penser par elles même.
Une telle vision des choses me choquait profondément. Aussi j’ai tenté de parler à un groupe de Sanghellis patrouillant dans le chaos qu’était devenu ma ville natale, peu avant la vitrification. J’y ai perdu mon honneur.
Non, ils ne me tuèrent pas. Ils m’humilièrent, me gravant dans la chair le signe de la honte à l’épée, me mettant nu au milieu de leurs camarades. Me flagellant pour hérésie. Mon monde était alors celui de la honte.
Je pensais avoir tout perdu. Je pensais être capable de réussir à me venger une fois engagé dans le corps des marines, avec cette nouvelle mentalité me dictant que les soldats guidés par le seul sentiment de la colère ne devraient jamais être engagés. J’avais compris la leçon, et comptait bien me venger.

Et pourtant, ils refusèrent. Encore. La vengeance est un moteur efficace, mais trop instable.
Je n’étais pas destiné à être un héros. Je ne pouvais obtenir ce que j’ai toujours rêvé d’obtenir.
Toute ma vie n’avait été que chaos et destruction, déchéance et tristesse. Je ne savais plus quoi faire, j’étais perdu. La Guerre semblait être perdue également, et je n’avais plus de raison de vivre. Je n’avais plus de raison tout court. Je l’avais perdue, elle aussi.

J’appartenais alors au monde de la folie.

S’introduire dans une corvette humaine était en fait beaucoup plus facile que prévu. Voler un pélican également. J’étais devenu fou à lier, et j’entreprenais une mission, seul, sans avertir personne, en clandestin. Mais après tout, que pouvait-il me faire ? Me tuer ?
C’est ce que je voulais.
Perdre la vie.
Pouvez-vous voir mon regard maintenant ? Ce regard que j’ai actuellement. Déterminé. Vous pouvez le voir, le sentir, le comprendre ? Il m’a fallu tout ce temps pour comprendre qu’en perdant la vie, je gagnais la bataille.
Notre vie, c’est tout ce que nous avons d’important. C’est notre monde. C’est Le monde.

Finalement, n'existait-il qu'un seul monde, qui passait son temps à rêver à d'autres mondes ? »

--

Lettre écrite par X avant sa mort héroïque permettant la victoire de la première bataille d’Arcadia.

C’est quasiment à l’unanimité que le Jury t’a élu vainqueur de cette première édition du concours de Fanfictions. La chose qui fut la plus appréciée est la narration de l’histoire mais surtout la transition entre chaque étape de la vie du personnage. La fin de l’histoire boucle la boucle et permet au thème de se dévoiler complètement dans la dernière phrase. Une belle participation qui prouve une fois de plus tes talents d’écrivain... Félicitations du Jury et bravo pour cette première place !




J’espère que ce concours vous a plu. Sachez en tout cas que les écrivains ont été très heureux de vous proposer ce concours et qu’il est possible qu’une autre édition voit le jour. Mais d’ici là, pour patienter, je vous souhaite bon courage pour lire les nombreuses Fanfictions présentes sur le forum et je vous dis à bientôt !
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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Cox le Ven 19 Juil 2013 - 9:22

Félicitations au vainqueur, aux participants et aux organisateurs !

Un joli concours bien organisé qui devrait donner envie à tous de regarder de plus prêt cette discipline toujours méconnue !

Je vais prendre le temps de lire le texte gagnant !

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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Nakira le Ven 19 Juil 2013 - 10:25

oo'
Je suis très très heureux d'avoir pu remporter ce concours ! Ça fait vraiment plaisir :D

Je tiens à saluer les trois autres participants pour leurs fanfictions que j'ai toutes apprécié lire, et en particulier Sephiroth que je pensais voir gagner !

Merci encore !

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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Stain le Ven 19 Juil 2013 - 10:28

I'm happy, merci pour vos votes ! :O Je peux savoir qui est le votant qui a particulièrement aimé ma Fic ? :3
Bravo a Naki et aux autres ! Je pense lire vos écrits a vous trois. Smile
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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Treason and Lie le Ven 19 Juil 2013 - 11:30

Félicitations aux gagnants et aux participants également !
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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Leosoras le Sam 20 Juil 2013 - 5:41

Bravo aux participants !!!

Excellente initiative ce concours, mais personnellement en ayant suivi le concours sans avoir participé, je trouve que c'est pas vraiment une réussite ce concours.

Malgré que la discipline de fiction littéraire du domaine du fan-art soit méconnu, je suis étonné du taux de participation face à la diffusion et du relais de l'annonce du concours. Vous avez fait la diffusion sur Twitter et Facebook et il y a eu le relais de Halo.fr en news mis aussi sur les réseaux sociaux pour juste quatre participations (sans compté une mis en tort par le règlement).

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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Arkalison le Sam 20 Juil 2013 - 12:12

Bravo aux participants y'avait de chouettes histoires Smile
Après c'est vrai qu'il y avait un faible taux de participation (ça nous arrange on en a moins à lire), espérons que la prochaine fois (si il y a) on aura plus d'écrits Smile

Ps : aurevoir le SkyBlue c'est pas très lisible ici *._.* Requiescat in pace

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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Lunaramethyst le Sam 20 Juil 2013 - 13:50

Félicitations à tous les participants, qui se sont tous déchirés pour nous fournir des textes passionnants ^^

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Re: Concours de Fanfictions #1 : Résultats

Message par Sami le Lun 22 Juil 2013 - 0:39

Bonjour à tous, ayant été dans l'impossibilité de noter et de commenter chacune de vos créations, je vais donc noter ET commenter chacune des créations présentes. (Déménagement puis vacances "surprise")

Tout d'abord, Jéjé :
 

Note attribuée : 5/10

Jéjé, comme dit dans le commentaire, tu dois (et je pense, te connaissant) voir cette note comme un encouragement pour la suite. Tu as du potentiel, reste plus qu'à savoir l'utiliser. Tout d'abord, quand tu narres à la première personne, il faut essayer de laisser paraitre les sentiments du personnage en premier, les valoriser plus que ce que tu as fait dans le texte. Nous sommes dans la pensée de ton personnage, utilises plus souvent des mots décrivant un sentiment ou une émotion.  Accompagné de multiples questions personnelles (que le personnage se poserait), nous ressentirons plus ces émotions. J'ai bien aimé par contre la rapide séparation avec la vielle dame, c'était... sentimental, bien joué !
Choix du scénario, j'aime bien ! C'était un peu fouillis pour moi au début mais en relisant on comprend mieux. Il faudrait comprendre du premier coup en fait. ^^ Le gymnase m'a fait penser au Vel' D'Hiv' pendant la Seconde Guerre mondiale !
Bon, je ne m'attarde pas sur le scénario, c'est déjà un bon petit commentaire rien que pour toi. ^^ 
Pour finir, il y a malheureusement de nombreuses fautes d'orthographe, plusieurs de conjugaison, etc. Bon, je ne dis pas que je ne fais pas de fautes moi-même parce que c'est faux, mais essayes de les minimiser un maximum. Ce sera beaucoup plus agréable à lire. Smile

Sephiroth :


Note : 8/10

Pas grand chose à dire ! Contrairement aux autres, j'ai beaucoup aimé l'analyse que tu nous a offert ainsi que la dimension philosophique du texte ! Peut-être parce que moi-même je n'ai encore jamais gouté à la philo en cours du fait de ma jeunesse (^^) ! Non, franchement, je sais pas quoi dire. Pas de fautes aperçu de mon œil (pas infaillible). J'ai beaucoup aimé la toute fin sur l'être humain ! 
J'ai beaucoup aimé mais il faut se rendre à l'évidence que le tout-public n'aimerait pas forcément avoir dans sa lecture tant de philosophie... ^^ 
Chapeau-bas ! Ou haut, j'sais pas trop. :3

Stain (Arsouille) :


Note : 8/10

Je mais malheureusement me contenter du commentaire ci-dessus. En effet, après lecture, j'ai vraiment rien à ajouter ! Les autres Ecrivains ont tout dit ! Tu as un très bon niveau d'écriture, rien à redire, très, très, bien. ^^ 

Wobow :


Note : 9/10

Pourquoi pas 10/10 ? Parce que mes parents m'ont dit un jour que l'ultime, la perfection au sens propre n'existe pas. Qu'il y a toujours un défaut, une faiblesse quelque part. C'est sur les pensées de mes parents que je te mets un 9 parce que je n'ai pas envie de faire de jaloux, tu mériterais presque un 10 mais ma maman ne veut pas.
Je n'ai rien à ajouter non plus, les transitions étaient très bonnes, l'écriture (t'écris largement mieux que moi, pauvre petit Ecrivain que je suis :3), donc je peux pas te faire la morale... Ah si ! Ton nouveau pseudo est ma foi fort repoussant (EEaahh) ! :D

Et voilà, maigres commentaires pour la plupart, peu de participation mais de la qualité dans chacun des écrits, aussi bien de la 4e place à la première ! Continuez ainsi !

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